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2008: l’année internationale de la grenouille

Coup d’envoi d’une décennie de projets pour sauver les amphibiens du monde

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 18 juillet 2008 à 15:45
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2008: l’année internationale de la grenouille
Coup d’envoi d’une décennie de projets pour sauver les amphibiens du monde
L’année 2008 a été déclarée par l’Union internationale de la conservation de la nature, Année internationale de la grenouille. Selon un expert local, 365 jours ne seront pas suffisants pour régler tous les problèmes de ces amphibiens.
L’Écomuseum de Sainte-Anne-de-Bellevue attache une importance particulière aux amphibiens et reptiles du Québec. Cette réserve faunique éducative privée, exploitée par la société d’histoire naturelle du Saint-Laurent, chapeaute depuis 1988 l’Atlas des amphibiens et reptiles du Québec (AARQ). Sébastien Rouleau, coordonnateur de ce programme, suit de près l’évolution des populations des grenouilles au Québec et dans le monde.

«Les problèmes sur le terrain sont insolvables en une seule année, c’est pourquoi l’année 2008 ne fait que marquer le lancement d’une série d’actions pour contrer le déclin mondial des amphibiens», explique le spécialiste.

Bien que le cri d’alarme ait été lancé il y a près de trente ans, les démarches entreprises pour sauver les grenouilles ne semblent pas avoir porté fruit. Tel qu’énoncé sur le site de l’Ecomuseum, «présentement, la Terre fait face à la plus grande extinction de masse depuis la disparition des dinosaures. Le tiers des 6000 espèces d'amphibiens du monde - apparues il y a 360 millions d'années - sont menacées d'extinction. Près de 120 espèces ont d'ores et déjà disparu de la surface de la planète. Si le rythme s'accélère, les scientifiques estiment que 50% des amphibiens auront disparu d'ici la fin du siècle».

La grenouille, avec sa peau complètement perméable, est sérieusement affectée par la pollution, les pesticides, les rayons ultra-violets et les changements climatiques. Avec le développement urbain qui favorise le remblayage des marais, son habitat naturel disparaît graduellement. De plus, avec la prolifération d'un champignon appelé le chytride, les populations d’amphibiens, particulièrement celles d’Amérique du Sud, sont d’autant plus menacées.

Dans les vivariums de l’Ecomuseum, on commence à faire l’élevage des rainettes faux-grillon. Lorsque l’environnement sera à nouveau propice à leur épanouissement, elles seront relâchées en milieu naturel. «La rainette faux-grillon se retrouve en Outaouais et en Montégie, mais à cause du développement urbain et agricole, qui empiète sur son habitat et pollue l’environnement, elle est en voie d’extinction», explique Sébastien Rouleau. Cette année nous mettons en place les conditions d’élevage, il n’y aura pas encore de reproduction. C’est un projet à long terme.»

En fait, cette démarche s’inscrit dans la mission d’un programme international, dénommé l’Arche des amphibiens, qui consiste à établir une population de secours, pendant qu’on règle les problèmes sur le terrain. L’objectif est de collecter 500 grenouilles d'au moins 500 espèces différentes, soit environ 25 000 grenouilles, pour des projets d'élevage.

«Avec l’année internationale de la grenouille cette année, ce n’est qu’un début, précise l’expert de l’Ecomuseum. Il s’agit plutôt de la décennie de la grenouille.»

Selon ce dernier, c’est une question d’éthique, on ne peut laisser disparaître ces animaux sans rien faire. D’autant plus que les êtres humains ont avantage, pour leur propre bien-être, à maintenir un environnement qui est sain pour les grenouilles. «Leur situation actuelle nous indique que tôt ou tard, c’est nous qui serons affectés par la détérioration de l’environnement.»

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